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[TEST]Assassin’s Creed III

Cela fait maintenant cinq ans que la franchise Assassin’s Creed a vu le jour. D’abord annoncé comme une exclusivité Playstation 3 et initialement prévu pour être un simple spin-off à Prince of Persia, l’une des autres grandes franchises d’Ubisoft, Assassin’s Creed s’est doucement hissé au rang de futur incontournable au fil des rendez-vous à l’E3 et des présentations de la belle Jade Raymond, productrice du jeu. Après Altaïr et Ezio, je pense ne spoiler personne en vous présentant Connor, notre nouvel assassin et ancêtre de Desmond avec qui l’on va arpenter le sol nord-américain durant la révolution américaine.  Un nouvel héros pour une nouvelle aventure qui semble avoir conquis son auditoire vu la critique élogieuse de la presse spécialisé. Mais si la dernière production d’Ubisoft Montréal a tout pour plaire, on n’est tout de même pas face au jeu de l’année comme il se chuchote chez certains spécialistes.

Viva la revolution !

Avec toutes les pubs qui passent à la télé, les affiches et tout le tralala, vous devez bien vous douter qu’Assassin’s Creed III (AC3) prend part durant la révolution américaine. Vous savez, ce petit conflit historique entre d’un côté les britanniques, de l’autre les Patriotes, et qui est à la base de la naissance des États-Unis qu’on connait aujourd’hui. Une période forte intéressante qui nous permet ainsi de mieux situer toutes ces grandes batailles qui ont conduit les treize premiers états à la victoire et surtout de croiser des personnalités emblématiques comme Georges Washington, Benjamin Franklin ou encore un certains Lafayette, qui a exporté sur nos terres cette belle idée bien à la mode qu’est la révolution. Sans vouloir trop vous en dire, AC3 débute de façon inattendue avant de clouer le joueur sur place avec un bon cliffhanger des familles que n’aurait pas renié un épisode de fin de saison de Lost. Un peu à la manière du tout premier Assassin’s Creed lorsque l’on a découvert qu’on incarnait en fait Desmond et qu’on ne faisait que revivre la vie de ses ancêtres via l’Animus. De ce côté de la réalité, en 2012 donc, le jeu se montre beaucoup plus consistant avec des séquences de jeu plus sympathiques pour  Desmond et une trame scénaristique bien plus fouillée afin de clore en beauté, ou non, la trilogie. Car si la fin de cette méta-histoire divise, elle a au moins le mérite d’exister et de ne pas être expédiée comme les fins bidesques de Brotherhood et Revelations. Pour en revenir à notre ami Connor, notre assassin du 18ème siècle, sachez que s’il n’atteint pas le charisme d’Ezio ou d’Altaïr, il montre cependant beaucoup plus de profondeur et en devient, pour ma part, rudement plus intéressant que ses prédécesseurs. Malgré son petit côté naïf qui donne souvent envie de lui arracher les dents une à une (NDR: comment ça le jeu-vidéo rend violent ???). De façon générale,  AC3 délaisse le côté manichéen de la série avec les gentils assassins d’un côté et les méchants templiers de l’autre pour quelque chose de plus fin, plus terre à terre et nettement plus proche de la réalité. Le jeu s’écoule sur une bonne trentaine d’années et nous montre toutes les grandes étapes de la révolution américaine. D’un point de vue historique, et je parle sous contrôle d’un éminent spécialiste, même si quelques libertés ont été prises pour le bien du scénario, qui reste correct mais sans plus, AC3 semble fidèle au passé. On peut y découvrir les prémices de la déclaration d’indépendance, les débuts du futur premier président des États-Unis, le rôle des français dans cette histoire et l’expansion des petites villes que sont Boston et New-York. Un terrain de jeu tout trouvé pour Connor qui en plus de devoir redresser l’ordre des Assassins, tombé en désuétude, devra avant toute chose protéger les siens, le clan de Mohawk, et assouvir sa soif de vengeance. Bis repetita.

Red Dead Creed

Fondamentalement, le gameplay d’AC3 n’a pas changé. On continue d’enchainer des missions scénarisées en parcourant une carte qui se dévoile au rythme des points d’observation synchronisés, on se délecte de quelques missions annexes, on libère des quartiers de la ville, on recrute et forme de nouveaux assassins, on achète de nouvelles armes, de nouveaux costumes, on gère son fief –ici le domaine Davenport-, on vient en aide aux plus faibles, on massacre l’ennemi, on s’infiltre, on se cache, on fuit, on combat, on se balade etc. Tout ce qui fait qu’on aime Assassin’s Creed ! Sauf qu’ici, Ubisoft nous a concocté quelques petites nouveautés et ajustements qui viennent enrichir l’expérience de jeu et la rendre plus aboutie que jamais. A commencer par l’intégration de la Frontière, une zone de jeu gigantesque servant de hub entre les villes et où l’on peut trouver de nombreuses missions, points d’observation, fort à libérer ainsi que des animaux à chasser. A l’image d’un certain Red Dead Redemption, Connor peut s’adonner aux joies de la chasse et traquer lapin, renard, loup ou ours afin de les dépecer pour revendre leurs peaux ou encore concocter de nombreux objets à l’aide de multiples recettes déblocables. Objets que l’on pourra également revendre au marchand du coin ou bien en organisant des convois depuis le domaine Davenport et ainsi fructifier son porte-monnaie. Contrairement à Monteriggioni où Ezio n’avait qu’à racheter les différentes boutiques de la ville pour fructifier son capital et embellir sa propriété, Connor doit d’abord recruter, via des missions scénarisées, des bucherons pour la mise en place d’une scierie, une chasseuse pour la confection des peaux, un mineur pour la gestion du charbon, des commerçants pour l’établissement d’une taverne etc. Un système qui donne plus de cachet et d’authenticité à la gestion de son domaine, mais qui tombe à l’eau à cause du système de convois, mal fichu, mal expliqué et pas du tout ergonomique. Tellement qu’on préférera aller vendre soit même ses peaux de bêtes ou produits directement chez le marchand plutôt que de passer par ce système même pas automatisé ! Mais la plus grosse surprise que nous réserve le domaine Davenport, c’est le vaisseau nommé « Aquila » qui mouille à l’autre bout de la carte.

Touché coulé

Comme divulgué lors du dernier E3 sous un tonnerre d’applaudissements, AC3 nous donne la possibilité de prendre la barre d’un navire et de voguer sur l’océan, des côtes nord-américaines jusqu’à la mer des caraïbes, à la recherche de gredins à couler à grands coups de canons. En plus de profiter d’une réalisation sublime où l’on prend plaisir à admirer l’oscillation du niveau de l’océan en temps calme ou la brutalité des vagues en pleine tempête, on profite surtout du gameplay qui est d’une efficacité redoutable. Comme l’a si bien dit Ubisoft au travers de ses diverses présentations, lors de ces phases, le joueur ne contrôle pas le bateau, mais il contrôle Connor qui contrôle lui-même le bateau. Une nuance qui se ressent au premier coup de stick lorsqu’on braque sur la gauche ou la droite et que l’on voit notre assassin, qui revêt son plus beau costume de capitaine lorsqu’il est en mer, faire tourner à toute vitesse la barre avant de voir le navire pivoter lentement vers sa cible. Pour le reste, un bouton est assigné à la position des voiles pour varier la vitesse, un autre sert à mettre à couvert tout son équipage en cas d’attaque et les boutons de tranche servent respectivement à actionner les canons ainsi qu’une espèce de fusil servant à des attaques chirurgicale. Lorsque l’on est en position d’attaquer et que l’on presse le bouton servant à actionner les canons, une longue trainée blanche nous indique la trajectoire des boulets et selon l’intensité de la pression, l’attaque sera plus précise et plus redoutable. Quant au fusil, lors de son utilisation, une cible blanche apparait et vire au rouge lorsqu’on est sur le point de faire mouche. De plus, au fil des batailles et de son porte-monnaie, il est possible d’étoffer son artillerie en achetant des canons supplémentaires ou différentes variantes de munition. Si les premières sorties en mer sont assez brouillonnes et compliquées, il suffit que de quelques petites rixes pour prendre ses marques et commencer à se positionner stratégiquement face à l’ennemi pour faire parler la poudre et éperonner avec efficacité les plus petites embarcations. Grisantes, rafraichissantes et mêmes épiques, ces phases de jeu sont généralement cantonnées aux missions annexes même si quelques missions principales vous feront prendre la mer. Dont une bataille d’anthologie ponctuée d’un somptueux finish. Alors qu’AC Revelations avait totalement raté son coup avec les phases de Tower défense, AC3 réussit brillamment ses joutes navales. Si bien qu’on n’aurait clairement pas craché sur un mode multijoueurs en pleine mer.

Sarah Connor ?

Respectant la tradition des assassins, Connor n’est pas seulement un formidable capitaine de vaisseau de guerre, c’est avant tout une machine à tuer redoutable. Tellement redoutable qu’il pourrait très aisément botter le train d’Altair et d’Ezio avec une main dans le dos. Que ce soit armé de son fétiche Tomahawk, d’une épée, de son mousquet ou de ses lames rétractables, Connor diffuse la mort avec classe et beaucoup plus d’efficacité que la faucheuse elle-même. Empruntant le système de combat d’un certain Batman Arkham City, AC3 propose des joutes plus fluides, plus techniques et nettement plus fun que par le passé. Surtout que l’IA se montre plus retord en se permettant la folie d’attaquer à plusieurs au lieu d’attendre patiemment son tour. Malgré cela, une fois le système assimilé, les combats se montrent relativement simple, le plaisir se prenant surtout dans l’art et la manière de dessouder du britannique. On attaque, on pare, on désarme, on contrattaque, le tout dans des chorégraphies les plus spectaculaires les unes que les autres avec des jeux de caméras bien sentis et des ralentis en veux-tu en voilà. Notamment lorsqu’on pare plusieurs attaques en même temps. Mais comme il faut vivre avec son temps, il faudra faire avec les adversaires armés de mousquets, qui n’hésiteront pas à ouvrir le feu, et parer leurs attaques en choppant le premier venu et s’en servir comme bouclier humain. Jouissif. En plus de manier le combat à la perfection et faire couler le sang comme personne, l’amérindien se déplace comme le vent, sautant de corniches en corniches, de toits en toits avant de fondre dans une meule de foin pour mieux se dissimuler de ses poursuivants. Avec la petite nouveauté amusante qui nous permet de siffloter pour attirer les gardes et mieux les éliminer. Mais là, je me perds en détails. Si Altair et Ezio nous avait habitué à grimper sur tout et n’importe quoi comme de vrais félins, Connor se montre bien plus habile et est capable de grimper aux arbres pour sauter de branches en branches pour mieux fondre sur ses proies. Une nouvelle arme, la dague à corde, lui  permettant même de pendre le premier péquin venu à une branche afin d’affoler ses petits camarades. Classe, assurément, mais pas indispensable.  L’agilité et la vivacité de Connor rend la traversé de la frontière souple, agréable et surtout enivrante. Et en plus d’être un petit plaisir pad en main, le titre d’Ubisoft est un pur régal pour les yeux.

Animus 3.0

Alors que le moteur d’AC Revelations commençait à montrer de gros signes de faiblesses (Modélisations faciale bâclées, framerate souvent à la peine, poping, tearing etc.), les petites mains d’Ubisoft Montréal nous ont concocté un tout nouveau moteur pour marquer le coup du changement d’époque et de la naissance de Connor. Et comment dire que le résultat final est majestueusement à la hauteur. Certes, il existe encore quelques petits soucis comme un peu de poping par moment et de légères baisses de framerate, mais le reste n’est qu’un pur régal visuel. Il n’y a qu’à s’arrêter sur la modélisation minutieuse de notre héros et la façon dont tout s’anime lorsqu’on file comme le vent entre les branches d’un arbre surplombant la frontière au soleil couchant ou encore admirer des centaines de soldats britanniques ouvrir le feu avec de superbes effets de particules pour rendre la scène plus naturelle que jamais. Et je ne vous parle pas de certaines scènes où l’on voit un clocher voler en éclat après une attaque de canon, de la qualité de la reproduction de Boston et de New York avec leurs rues pleines de vie et la façon dont la neige à la faculté de recouvrir le décor d’un épais manteau blanc qui rend la toile qu’est AC3 plus belle que jamais. Non pas que le jeu s’affiche comme le plus beau du moment, on en est pas là, mais pour un jeu à monde ouvert, autant vous dire qu’on est face à du très lourd. Il suffit de faire une sortie en mer lors d’une tempête pour s’en prendre plein les mirettes et redemander sur rab la bave aux lèvres. Mêmes les cinématiques ont subit un bon ravalement de façade avec d’énormes progrès sur la modélisation faciale et des angles de caméras nettement plus pertinents que par le passé. Comme quoi, il n’y avait qu’à regarder le travail de ses petits voisins pour enfin avoir le droit à des cinématiques à la hauteur de la franchise. La bande son est une nouvelle fois au rendez-vous avec des morceaux toujours aussi percutants et collant magnifiquement à l’action, des bruitages finement réalisés et des doublages d’excellentes factures que ce soit en VO ou en VF. Même si on note, une fois de plus, des problèmes du côté de la synchronisation labiale, l’un des maux du jeu vidéo qui ne semble pas se résoudre. Hélas.

Fatal Error

Si je ne vous dis que du bien du jeu depuis de nombreuses lignes maintenant, c’est pour mieux mettre en contraste les quelques défauts du titre qui font que AC3 n’est pas le gendre idéal comme on aurait envie de le dire. Loin de moi l’envie de casser du sucre sur le jeu après plus de 20 heures de plaisir passé dessus, mais comme on le dit si bien : Qui aime bien, châtie bien. Car à vouloir trop en faire, nous inonder de contenu et rendre l’expérience de jeu la plus complète possible, le jeu s’est embourbé avec des séquences totalement inutiles (livraison de courriers, missions labyrinthes, mission porte à porte), un manque de clarté (Libération des quartiers, objectif en cours de missions, développement du domaine Davenport, confection des recettes)  ainsi que certains aspects du titre totalement ratés. Je parle plus précisément de la gestion des convois au domaine Davenport qui en plus de manquer de clarté et d’intelligence n’offre qu’un intérêt plus que limité, de l’aspect infiltration réduit à ce qui se fait de plus basique et du manque global de liberté au cours des missions principales. Rien de bien méchant au final me direz-vous (quoique), mais ces quelques défauts de fond ne sont pas venus seuls à la fête puisque AC3 souffre également de nombreux bugs qui en plus d’amuser la galerie sur Youtube peuvent éventuellement gêner la progression dans le jeu. Du côté des bugs marrants, vous pourrez voir des PNJ qui flottent dans les airs, d’autres qui restent coincé dans des textures ou bien admirer des soldats ennemis vous regarder dans le blanc des yeux sans rien faire alors que vous venez tout juste de trucider toute une garnison. Le genre de détails qui fait s’écrouler le château de carte de l’immersion. Mais après les rires viennent les larmes, et d’autres bugs ont plus tendance à agacer qu’à amuser avec des objectifs qui ne s’affichent pas nous bloquant en pleine mission à ne pas savoir quoi faire ou encore de TRES GROS BUGS de collision rendant certaines missions presque impossible à boucler (Surtout sur la fin du jeu). Rageant et frustrant, on se contente toutefois du fait que ces bugs ne sont pas systématiques. Face à ce manque de finition, on s’imagine que les développeurs n’auraient pas craché sur quelques mois de développement supplémentaires. A moins que le jeu soit peut-être trop ambitieux pour son époque et qu’il aurait été nettement plus à son aise sur la prochaine génération de console. Mais pour palier à tous ces « malencontreux soucis », le jeu embarque de nouveau un mode multijoueurs plus affuté que jamais où les petits employés d’Abstegro s’évertueront à se massacrer dans la joie et l’allégresse dans de nouveaux modes de jeu. Des heures de joutes endiablées en perspective. Soyez prévenus.

Voici venu l’heure fatidique de la conclusion. Est-ce que Assassin’s Creed III est à la hauteur de la série ? Sans aucun doute. Est-ce que c’est le meilleur volet de la franchise ? Assurément ! Même si nombreux seront les joueurs a avoir préféré Ezio à Connor ou à avoir pris plus de plaisir à gambader sur les toits de Jérusalem plutôt que sur le port de New York, on ne peux pas nier le fait qu’Assassin Creed III propose une réalisation graphique à en pleurer, un gameplay encore plus étoffé, un équilibre Animus/Desmond nettement mieux maitrisé et une forte générosité au niveau du contenu. La révolution américaine est un fabuleux terrain de jeu pour cristalliser la guerre entre templiers et assassins avec une multitude de personnages intéressants, le jeu se permet quelques petites surprises scénaristiques drôlement bien senties et Connor, qui en plus d’allier agilité, fougue, agressivité et technique, se montre comme l’assassin le plus contrasté et le plus intéressant malgré son léger manque de charisme face à ses ancêtres. Que ce soit en pleine ville, à chasser au cœur de la frontière ou en pleine tempête à faire hurler les canons, manier Connor n’aura jamais été aussi jouissif. Et mis à part ses errances techniques et ses quelques petits ratés, Assassin’s Creed III ne se pose pas comme le jeu de l’année, mais comme un incontournable à ne surtout pas manquer.

Jeu disponible sur Playstation 3, Xbox 360, PC et prochainement sur Wii U

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