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Test : SUPERHOT

Il aura suivi toutes les modes le petit SUPERHOT, avant d’arriver sur nos machines. Du crowdfunding avec sa campagne à succès sur Kickstarter qui a permis a ses développeurs de récolter 250000 dollars tout de même, à la réalité virtuelle, le jeu ayant été l’une des toutes premières démos de l’Oculus Rift en passant par le programme ID@Xbox sur lequel il s’est affiché fièrement ou l’early access de Steam : c’est bien simple il était partout. Une campagne communication rondement menée donc, une direction artistique épurée et un gameplay atypique vraiment original pour un FPS, il n’en fallait pas plus pour me séduire.

Ma première rencontre avec SUPERHOT, c’était à la Gamescom 2014 sur le stand d’Oculus. Le titre m’a emballé en moins de temps qu’il n’en faut pour enfiler le Rift. Dans ce FPS pas comme les autres, le temps défile au moindre de vos mouvements et à chaque action que vous entreprendrez : faire un pas sur le gauche, ramasser une arme par terre ou presser sur la détente. Si vous restez immobile par contre, il s’écoulera extrêmement lentement. Face à vous, des hordes d’ennemis enragés qui vous foncent dessus en tirant partout. A vous donc de passer entre les balles tel Neo dans Matrix en utilisant le gel du temps à bon escient et en nettoyant proprement chaque niveau.

Et par nettoyer, j’entends bien entendu tuer tous vos adversaires avec style. Car le titre vous met dans la peau d’un super-agent au beau milieu de scènes d’actions qu’on croirait tirées de films de John Woo ou de Paul Greengrass. Les tableaux dépeints par SUPERHOT sont donc comme des extraits de films, des grands classiques du genre comme le type aux prises avec trois ennemis dans un petit ascenseur, le héros qui déboule alors que les méchants préparent un sale coup dans leur quartier général, un combat dans une ruelle sordide, la prise d’assaut d’une usine, etc.

Si l’on aurait aimé pouvoir se balader dans des niveaux plus grands, on peut comprendre le désir des développeurs de capturer l’instantané dans ce jeu qui se veut une succession de one-shots, rejouables à l’infini. Et de toute manière, il n’y pas qu’une façon d’aborder SUPERHOT. Chacune de vos actions, chacun de vos choix entrainera inévitablement de légers changements côté IA ennemie. Le jeu s’amuse avec malice à faire apparaître des ennemis un peu partout tout au long de la « timeline » du niveau de telle sorte que vous restiez constamment captivés par l’action tout en prenant le temps de réfléchir à votre prochain mouvement.

Et c’est ce mélange d’action « cool » et de remue-méninges qui fait de SUPERHOT un produit unique. « Donc je vais jeter mon flingue à la tronche de l’ennemi pour le désorienter, me retourner et ramasser un sabre puis slalomer entre les balles pour enfin découper l’autre bad guy au fond, piquer son fusil à pompe au vol et en finir avec le premier méchant de la salle ». Voilà le genre de plan de bataille que l’on aurait du mal à mettre en place en moins de 10 secondes en temps réel, mais qui se planifie tranquillement sur le jeu. Et si l’on meurt touché par une balle ? Qu’à cela ne tienne, on recommence le niveau immédiatement et sans frustration.

Le jeu ne vous opposera donc pas de véritable résistance mise à part sur une poignée de séquences comme l’ascenseur ou les derniers niveaux, la faute le plus souvent à des environnements exigus où les possibilités d’esquives sont plus que limitées. Dans ces cas-là, le moindre faux mouvement vous sera fatal. De même, la précision imposée par les développeurs jouera parfois contre vous. A force d’anticiper vos actions, vous aurez vite envie de prédire les mouvements de l’IA, ce qui marche assez bien et viendra la majorité du temps vous picoter les zygomatiques, mais il arrive que la balle que vous tirerez manque sa cible de quelques millimètres, Arg !

Enfin et aussi surprenant que cela puisse paraître pour un FPS « statique », avec ses mimiques du cinéma d’action, SUPERHOT offre un maximum de sensations et réussi à vous faire sentir surpuissant vous faisant oublier qu’il est SUPERSHORT (deux heures environ pour boucler la trentaine de niveaux du jeu). Les possibilités offertes par son gameplay sont assez grisantes et nous donnent un éventail de combinaisons pour arriver à vider les zones de leurs ennemis de la plus belle façon qui soit. Non content d’être un bon FPS, le jeu se paye également un scénario malin brisant allègrement le quatrième mur pour arriver à ses fins.

Inutile de vous spoiler l’histoire, mais disons seulement que votre aventure à pour point de départ l’envoi par un hacker adepte des canaux austère que l’on trouve dans les tréfonds d’IRC d’un fichier très particulier, superhot.exe. Même si le scénario du jeu donne parfois dans la caricature, il vise la plupart du temps juste et est assez plaisant à suivre. Les plus courageux se taperont les centaines de lignes de chat écrites par les développeurs en bonus de fin de partie. Et le endgame, parlons-en. Au-delà de la rejouabilité pour affiner votre performance, le new game + propose des challenges supplémentaires et un mode horde, hélas réutilisant les niveaux de la campagne.

Bon 

Doté d'une esthétique minimaliste tout à fait charmante et de mécaniques de jeu originales qui bousculent un peu le petit monde du FPS qui vit depuis bien trop longtemps sur ses acquis, SUPERHOT remplit pleinement son contrat. Le jeu ne cesse de nous surprendre par le rythme qu'il impose au joueur et les sensations jouissives qu'il nous procure niveau après niveau. On aurait tout de même souhaité le voir gagner en maturité tout au long de la campagne en nous offrant des niveaux plus longs et plus travaillés, mais malgré tout, on en pour notre argent.

Jeu testé sur PC à partir d’une version fournie par le développeur. Plus d’informations sur notre politique de tests en suivant ce lien.

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