PlayStation 3

[TEST]FIFA Street

Alors qu’on pensait que la licence était morte et enterrée aux alentours de la zone 51 après un dernier épisode franchement pas terrible, EA Sports s’est décidé à nous pondre un petit reboot flanqué d’un Lionel Messi pour en assurer sa promotion. Pour ce nouvel envol, le jeu se repositionne et troque les graphismes toonesque  et le gameplay champagne contre quelque chose de plus authentique et réaliste. Voyons voir si la mayonnaise prend ou non.

Neymar Institute

Avant de gagner des millions et de mouiller le maillot sur une belle pelouse verte et devant des millions de téléspectateurs en trans, des petits joueurs comme Neymar ou Ronaldinho ont commencé dans la rue avec un vieux ballon tout pourri et un morceau de parking comme terrain de jeu. C’est donc bien normal d’avoir un jeu-vidéo nous donnant la possibilité de revivre ces moments où l’on ne pense qu’au jeu et à rien d’autre. Mais FIFA Street ne nous place pas dans les favelas pour autant. Ici, nos terrains de jeu sont des gymnases, des terrains synthétiques sous une bretelle d’autoroute ou encore un petit terrain au fin fond d’un parc. L’aspect le plus important restant avant tout le maniement du ballon. Pour ce nouvel épisode, fini les jongles à l’infini ou encore les retournés acrobatiques du fond du terrain et qui finissent dans la lucarne. Le jeu se donne un ton plus mature, mais tout autant spectaculaire. Avec la possibilité de faire le mariole avec le ballon, jongler impunément devant l’adversaire avant d’enchainer sur un petit pont bien humiliant pour finir par une passe en aveugle à un coéquipier qui pousse le ballon dans les filets d’une petite talonnade bien sentie. Mais bon, avant d’en arriver là, il faut enchainer les matchs et apprendre à jouer des sticks analogiques. Afin de donner plus de souplesse au jeu et ainsi éviter une série d’attaques / défenses assez fatigante à la longue, FIFA Street incorpore ce qu’on appelle le « Control Stick ». A l’aide de la gâchette L2, il est possible de bloquer son joueur sur place, protéger le ballon et ainsi faire de nombreuses feintes avant d’enchainer sur un geste technique ou même un petit pont si le joueur adversaire a le malheur de trop écarter ses jambes. Pour les gestes techniques, on opère de la même manière que dans FIFA 12. A l’aide du stick analogique droit. Et afin de rendre la vie un peu plus simple aux joueurs occasionnels, il est possible de fixer l’orientation du stick analogique pour ne pas prendre en compte l’orientation du joueur et ainsi sortir beaucoup plus facilement un double contact. Mais de manière générale, FIFA Street se prend en main très facilement et l’on peut produire de belles choses assez rapidement pour un maximum de plaisir. Néanmoins, tout n’est pas rose et on peste très rapidement sur une IA des coéquipiers très étrange et des déplacements plus que houleux en phase défensive.  Si ballon au pied il est possible de se frayer en chemin en toute souplesse entre les joueurs, dès lors que l’on défend, les joueurs se transforment en espèce de clown qui tangue de droite à gauche au moindre changement de direction. On ne peut pas tout avoir.

On enchaine, on se déchaine

FIFA Street ne nous propose pas que de jouer sur de petites arènes entre potes. Loin de là. Une multitude de modes de jeu sont de la partie histoire d’alimenter les fans de foot de rue. Ainsi, en plus de pouvoir jouer avec de nombreuses nations et club, il est possible de constituer sa propre équipe dans le mode World Tour. Le plus gros mode du jeu, en mettant de côté le mode multijoueurs, qui permet de grimper les échelons en commençant par quelques épreuves en région avant d’enchainer sur des épreuves nationales puis mondiales. Et afin de se confectionner une équipe de tueur, il est possible de recruter des joueurs que l’on a vaincu et même de les faire évoluer à l’aide de points d’expérience que l’on gagne en cours de jeu. Points qui sont ensuite utilisables pour affiner les compétences des joueurs et d’apprendre de nouveaux gestes techniques. Une dimension RPG sympathique sur le papier qui devient rapidement gonflante à la longue puisqu’il faut systématiquement passer par le menu de l’équipe et attribuer les points d’XP joueurs par joueurs en se tapant plusieurs secondes de chargement entre chaque joueur. De quoi s’arracher les cheveux. Une évolution automatique n’aurait pas été de refus, surtout pour les joueurs, comme moi, qui préfèrent se concentrer sur le jeu plutôt que sur la distribution de bons points. Je parle, je parle, mais je ne vous ai pas encore parlé des épreuves et des types de matchs qu’embarque FIFA Street. En plus du traditionnel 5 contre 5 sur de petits terrains, il est aussi possible de s’adonner aux joies du Futsal, un mode freestyle où l’on doit obtenir le meilleur score en enchainant des gestes techniques que l’on valide par un but, un mode élimination qui se joue sur des minuscules cages et où l’on perd un joueur de son équipe à chaque but inscris et le mode petit pont qui se joue à 2VS2 où l’on peut gagner et perdre des points si l’on subit ou l’on inflige un petit pont ou louche à son adversaire. Vous l’aurez donc saisi, FIFA Street propose des modes de jeu plutôt variés, très plaisant à jouer, mais qui tournent rapidement en rond au bout de quelques heures de jeu. Malgré une courbe de progression indéniable et la possibilité de bien s’amuser à plusieurs (surtout en local), l’horrible sensation de lassitude se fait sentir avec  l’impression de perpétrer encore et encore les même actions. Impressions que l’on n’a pas sur FIFA 12 tant les matchs sont systématiquement différents.

Les gens sont jaloux parce que je suis beau

Concernant la partie technique du titre, FIFA Street s’en sort avec les honneurs puisqu’il reprend de bien belle manière le moteur de FIFA 12. Graphiquement, le jeu est donc un régal pour les yeux avec des joueurs finement modélisés que l’on reconnaît au premier coup d’œil et des arènes globalement bien fichues même si elles sonnent creuses et sans vie. N’espérez pas retrouver la ferveur et la chaleur des stades de FIFA 12. Ici, hormis quelques petits encouragements criés ici et là (Et qui se répètent en boucle), on est dans le minimalisme. Le sobre même. Mais le moteur graphique n’est pas la seule chose que FIFA Street a emprunté à son cousin, il lui a piqué par la même occasion son moteur physique. Ainsi, le jeu profite d’animations fluides, très réalistes et d’une gestion des contacts criante de vérité. Mais on a aussi le droit au revers de la médaille : les bugs de collision. Bon, ils ne sont pas légions, mais voir son joueur se ramasser par terre comme une quille de bowling alors qu’il a à peine effleuré un joueur au sol, c’est juste ridicule. Et même frustrant lorsque cela a un impact dans le jeu. Car tout comme FIFA 12, FIFA Street embarque le nouveau système défensif ou le pressing automatique a disparu. Il faut suivre son adversaire, penser à serrer les jambes pour ne pas prendre un petit pont et tacler au bon moment pour ne pas se retrouver dans le zef. De cette manière, lorsque l’on est bien concentré sur l’attaquant et qu’on se vautre comme pas permis pour rien, il y a de quoi exploser sa manette. La prise de bromure est donc recommandée pour les plus nerveux d’entre vous. Au final, FIFA Street mêle le bon et le moins bon pour un jeu sympathique, mais qui ne casse pas des briques.

Si le come-back est réussi, le produit final ne l’est pas pour autant. En laissant de côté l’aspect toonesque et champagne des précédents épisodes de la série et en optant pour une vision plus authentique et réaliste, les équipes d’EA Sports ont eu le nez fin. Graphiquement séduisant et très agréable à jouer manette en main, le titre se rate sur un système de jeu au final trop stéréotypé et quelques errances techniques qui peuvent nuire à l’expérience de jeu. A côté de ça, FIFA Street peu rapidement devenir addictif et c’est un pur plaisir de pouvoir y jouer en multijoueurs. On est encore loin du 20/20, mais la copie fournie par EA Sports augure de bien belles choses pour l’avenir.  

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