PlayStation Vita

[TEST]Gravity Rush

On l’attendait de pieds fermes et il est enfin arrivé. Initialement prévu pour une sortie en même temps que la machine en mars dernier, Gravity Rush s’est sournoisement décalé fin juin histoire de faire languir quelques mois de plus les joueurs PS Vita. Surtout que la faim commençait à se faire furieusement sentir malgré l’assez bon line-up de la portable de Sony. Enseveli d’éloges par la critique et les joueurs pratiquant l’import, Gravity Daze – au japon – s’annonce de ce fait fichtrement prometteur. De quoi nous faire dépoussiérer l’écran de cette magnifique console qu’est la PS Vita et jouer de la gravité ou bon nous semble. Voyons-donc si cette version européenne de Gravity Rush vaille la peine de se mettre à marcher sur les murs. ET accessoirement craquer pour la Vita.

Hier, j’ai mangé une pomme

Il aura fallu attendre que ce bon vieux newton – A ne pas confondre avec un certains Mickael œuvrant dans le milieu du jeu-vidéo – se prenne une pomme en pleine poire avant de mettre le doigt sur cette étrange chose qu’on appelle la gravité.  Vous savez, cette force qui nous permet de rester les pattes bien ancrées sur le plancher des vaches et de sa casser toutes les dents à faire le kéké. Et c’est sur ce thème que le jeu de Keiichiro Toyama, à qui l’on doit Silent Hill ou la série des  Forbiden Siren, puise toute sa substantielle moelle. Mais venons-en plutôt là où tout a commencé. Suivant la longue chute d’une pomme vers une cité perchée dans le ciel, on fait la connaissance de Kat. Une jeune demoiselle à la chevelure blonde et aux yeux rougeoyant qui se réveille en plein milieu d’un parc totalement amnésique. A son réveil, elle fait la connaissance d’un mystérieux chat noir étincelant qui a la particularité de lui donner la possibilité de jouer avec la gravité. Un pouvoir rapidement assimilé puisqu’on devra l’utiliser dès les premiers instants du jeu pour venir en aide à un enfant prisonnier d’une maison dans le sillon d’une tempête gravitationnelle. En effet, la ville flottante d’Heksville, qui sera notre terrain de jeu, est en proie à ces tempêtes qui engloutissent habitants, bâtisses ou tout un quartier de la ville s’il le faut. Et histoire de rajouter une couche de malheurs aux habitants de la ville, ils sont régulièrement la cible des Nevis. D’odieuses créatures difformes obscures et parsemées de pastilles violacées étincelantes marquant leurs points faibles. De cette manière, en plus de devoir faire la lumière sur son passé, kat devra vêtir le costume de super héros. Un scénario particulièrement agréable à suivre avec de nombreux rebondissements et un casting de personnages attachants et haut en couleur. A l’image d’un vieil homme à la dégaine de Colombo qui se présente comme le créateur et qui planque un trou de vers sous son imper, le jeune policier casse-cou et un peu Pierre Richard sur les bords ou encore la délicieuse et énigmatique Raven qui semble posséder les mêmes pouvoirs que kat. Du côté de la narration, en plus des différentes petites cinématiques et des somptueuses séquences en BD animés que l’on parcourt à l’aide de l’écran tactile de la console, il est possible d’en apprendre plus sur l’univers en discutant avec différents personnages répartis sur la carte. En plus de nous donner des détails sur la situation de la ville, ils nous apportent également quelques informations sur des évènements à venir. Simple et efficace. Surtout que Gravity Rush possède un background très intéressant avec un florilège d’interprétations possibles. Néanmoins, certains axes de l’histoire sont assez brouillons, pas assez étoffés et de nombreux personnages passent rapidement aux oubliettes. Comme la fin du jeu qui arrive tel un cheveu sur la soupe avec de nombreuses questions en suspens. On attend donc une suite avec grande impatience.

Sac à vomis à prévoir

Comme l’annonce clairement  le titre, Gravity Rush tire tout l’essence de son gameplay de la gravité. Tirant son pouvoir de son petit chat « Poussière » et symbolisé par une jauge d’énergie apparaissant à l’écran, Kat peut suspendre à tout moment la gravité à l’aide de la touche R pour se retrouver en pleine lévitation. Il suffit par la suite de viser n’importe quel élément du décor pour inverser la force de gravité et se retrouver à marcher sur le plafond ou sur n’importe quelle paroi. Les cheveux et l’écharpe de Kat étant les seuls éléments nous indiquant réellement l’orientation du sol pour éviter de perdre la boule. Bien sûr, il est tout à fait possible de stopper le mécanisme à tout moment, ce qui entraine une chute vertigineuse vers le sol. Mais rassurez-vous, Kat est solide et ne subit aucuns dommages suite à ses cabrioles. Le seul truc que l’on risque est de se faire absorber par une tempête gravitationnelle qui nous ramène sur la terre ferme. Lors des premières minutes de jeu, jouer avec la gravité est assez déroutant et on a du mal à savoir où l’on se trouve réellement. Surtout lorsque la caméra fait des siennes et qu’on est en plein combat aérien avec un Nevi coriace. Mais la progression aidant, on prend rapidement ses marques et on virevolte dans les cieux de Heksville pour mieux appréhender les combats ou atteindre plus rapidement un lieu de la ville. Mais les pouvoirs de Kat ne s’arrêtent pas là. En plus de pouvoir accélérer en plein vol et glisser sur le sol tel un dragster, Il est également possible de transporter et projeter tout et n’importe quoi à l’aide d’une simple pression de touche et de casser le nez à n’importe quel gredin à l’aide du coup de pied gravitationnel. Un coup qu’il est diablement utile de savoir maitriser tant il est nécessaire contre la menace Nevi. Tout au long du jeu, on sera sans cesse nez à nez face à ces bestioles difformes. Et si les premiers combats sont assez simples, la difficulté augmente crescendo et on se retrouve sur la fin à pester contre certains boss bien retords ou contre cette foutue caméra qui rend certains affrontements vomitif et insupportable. Heureusement, Kat aura la possibilité au fil de l’aventure principale d’apprendre différents coups spéciaux qui rendent l’exercice un peu moins pénible. De plus, il est possible de faire évoluer Kat à l’aide de gemmes glanées au fil des combats, des missions bouclées et un peu partout sur la carte. De quoi augmenter sa force de frappe, sa jauge de vie ou encore raccourcir le temps de chargement de nos pouvoirs. De quoi nous donner envie de parcourir Heksville de long en large et de haut en bas.

Heksville ! Tout le monde descend.

Visuellement sublime et bâtie sur une architecture jouant sur différents niveaux où Il est très simple de se perdre, Heksville est un véritable petit  labyrinthe et un terrain de jeu de premier choix pour Kat. La ville est composée de quatre grands quartiers qui se débloquent à mesure que l’on progresse dans l’intrigue. On peut y retrouver le quartier commerçant, le quartier festif plein de lumière, de musiques et de femmes de petite vertu, le quartier universitaire et le quartier industriel parsemé de hautes cheminées à escalader. Les quartiers possèdent leurs atmosphères propres et à chaque changement de section, c’est le dépaysement assuré. Pour s’y rendre, il faut compter sur le train, sur l’aéroglisseur ou sur le système des bouches d’égout. A chaque fois que l’on en découvre une nouvelle, il est possible de l’utiliser pour se rendre instantanément vers une autre bouche située à l’autre bout de la ville ou bien rejoindre la maison de Kat pour piquer un roupillon, changer de vêtements ou sauvegarder. Concernant les activités en ville, en plus des missions principales et des différentes personnes avec qui tailler le bout de gras, il est possible de relever un certain nombre de défis. Comme des courses avec un temps limité, des vagues d’ennemis à zigouiller ou encore des objets à ramener d’un point A vers un point B. Des défis un brin répétitif mais distrayant qui, en plus d’apporter une meilleure réputation et un gros nombre de gemmes, rallonge la durée de vite du titre qui oscille entre les 10 heures et 12 heures de jeu. Une durée de vie plus que correcte pour un jeu qui se termine un peu trop vite face au plaisir qu’on y prend. Car en plus de valdinguer dans le ciel à castagner du Nevi, certaines missions, à la limite du psychédélique, nous font visiter d’étranges endroits. Je vous laisse la surprise de les découvrir par vous-même.

Le plus beau jeu de la Vita ?

Pour finir, attardons-nous rapidement sur l’une des plus-values du titre : Sa réalisation graphique.  Malgré le jeune âge de la console, on peut sans problème affirmer que l’on est face à l’un, si ce n’est le plus beau jeu de la PS Vita. Arborant un cell-shading du plus bel effet, Gravity Rush n’a pas à rougir face à certaines productions next-gen. Heksville est soigneusement modélisée, pleine de couleurs et respire la vie à chaque coin de rue. La direction artistique, qui semble puiser du côté de l’animation japonaise et de la BD occidentale, ne plaira pas à tous, c’est une certitude, mais a de quoi faire mouche dès les premières minutes. Du côté de la bande son, les thèmes musicaux collent parfaitement à l’ambiance du titre avec des sonorités jazzy. Les personnages ne sont pas doublés en français et parlent une langue fictive créée pour l’occasion qui renforcent encore plus l’immersion. Du côté des points noirs, le jeu souffre, en plus d’une caméra hasardeuse, d’un framerate plutôt léger, de temps chargements longuets et d’une maniabilité catastrophique au gyroscope. La Team Siren a vraisemblablement tenue à profiter des avantages de la PS Vita, mais il est plus que préférable d’opter pour les contrôles au stick pour un bien meilleur confort de jeu. Gravity Rush possèdent ses défauts, qui sont toutefois balayés d’un revers par toutes ses immenses qualités.

Si vous attendiez encore Le jeu qui vous ferait passer à la caisse pour l’acquisition d’une PS Vita, sachez que Gravity Rush a les épaules suffisamment larges pour en assumer le rôle. Mis de côté les soucis de caméra, de framerate et du gyroscope à la rue, le jeu possède toutes les qualités d’un grand jeu. Un univers passionnant, des personnages attachants, une histoire captivante malgré son manque de profondeur et un gameplay maitrisé de bout en bout. Le tout enrobé d’une réalisation graphique solide et d’une direction artistique à tombée. Pour faire clair, Gravity Rush, c’est 12 heures de bonheur. Pourquoi s’en priver ?

Jeu uniquement disponible sur Playstation Vita

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