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[TEST]Prototype 2

Il aura fallu attendre trois ans pour voir arriver la suite de Prototype sur nos étales. Un « GTA Like » dopé aux hormones où l’on troque un vulgaire AK-47 et un règlement de compte entre malfrats contre des pouvoirs surhumains et des scènes de carnage arrosées d’hémoglobine dans une ville de New York au bord de l’implosion. Mais si Prototype premier du nom avait tout du bon défouloir pour l’amateur du genre, le jeu se révélait être répétitif et assez moyen au final. Avec Prototype 2, le décor reste le même, le pitch plus ou moins, mais c’est un tout nouvel héros qui sera notre compagnon de route.  James Heller prend ainsi du service pour le meilleur, ou pour le pire ?

C’est pas moi qui explique mal, c’est les autres qui sont con

Tout commence dans cette magnifique mégalopole que l’on nomme New York Zero. Là où des milliers de gens se déplacent comme des fourmis, où le chaland hèle un taxi par un simple claquement de doigts et où l’on trouve de délicieux hot dog tous les 20 mètres. Dans Prototype 2, cette merveilleuse ville, symbole de l’impérialisme américain, se retrouve à feu et à sang suite aux ravages d’une contamination à grande échelle, aux bavures d’un groupuscule armé et au crapahutage d’Alex Mercer, le héros transgénique du premier volet. Dans cette suite, on n’incarne pas l’homme à la capuche, mais James Heller. Un soldat aux allures de The Rock qui voue une haine irréversible envers Mercer qu’il désigne comme responsable de la mort de sa femme et sa fille. Vengeance qu’il est sur le point d’assouvir dès le début du jeu lorsqu’il engage un combat à mort avec sa proie qu’il croise au détour d’une ruelle (comme de par hasard…). Manque de bol pour James, Alex Mercer est bien trop puissant et il finit rapidement au tapis avec l’inoculation d’un virus en bonus. Virus qui lui donnera de nombreux pouvoirs. Et après une pirouette scénaristique de seconde zone, James finit par collaborer avec Mercer dans le but d’anéantir Gentek, le groupe responsable de la création et prolifération des virus, ainsi que le BlackWatch, une milice armée de mèche avec Gentek et dont le but est d’annihiler toute forme de résistance. Qu’on se le dise, le scénario de Prototype 2 n’est pas passionnant pour un sous, la narration est mal maitrisée, bien trop brouillonne et on enchaine les rebondissements sans queue ni tête jusqu’à arriver à une fin qui manque cruellement d’originalité. Bien entendu, ce genre d’histoire trouvera son public et les fans s’en contenteront le sourire au bec. De toute manière, le scénario n’est pas un élément prépondérant de Prototype 2.

Comme un air de « déjà vu »

Reprenant pas loin de 90% du gameplay de son prédécesseur, Prototype 2 ne joue pas trop la carte de la nouveauté et de la prise de risque. En clair, on évolue en plein cœur de New York Zero à la recherche d’une nouvelle mission et on se tape la salle besogne afin d’avancer dans la trame principale du jeu et booster les capacité de James. Car si on démarre avec des pouvoirs assez « timides », à force de réduire en charpie la vermine, d’accomplir des missions et d’éliminer quelques boss ici et là, on gagne de nouvelles capacités et on devient très rapidement une machine de guerre. Cette progression est relativement rapide et il est possible, lorsque l’on passe de niveau, de choisir une capacité à améliorer comme la barre de vie, la vitesse ou encore la capacité à se régénérer. Tout est permis pour gonfler notre petit James et le faire courir sur les façades d’immeubles comme une félin et bondir sur les hélicoptères en plein vol avec la légèreté d’une gazelle (NDLR: Mince, les gazelles sautent sur les hélicoptères :/). Concernant les missions, elles sont assez redondantes et on passe son temps à faire les mêmes choses comme aller zigouiller une cible sous la protection de l’armée, infiltrer une base secrète pour y foutre le bordel ou encore éradiquer une hydre qui créée le chaos en plein cœur de Manhattan. Une répétitivité qui reste au demeurant particulièrement jouissive au fil de la progression de notre perso. Question nouveauté, on note la présence de nouveaux pouvoirs comme de belles tentacules qui permettent d’attirer plusieurs éléments du décor contre une cible ou encore la possibilité de traquer ses proies par une simple pression d’une touche. A noter également que Prototype 2 joue la carte de l’infiltration avec certaines missions qui demandent d’infiltrer des complexes sans se faire repérer en prenant possession du corps des gardes ou scientifiques. Des missions sympathiques mais beaucoup trop simples dans la mesure où l’on ne peut jamais se faire repérer lorsque l’on assimile une victime. Mais le plaisir est là. Surtout qu’il est possible de faire d’autres choses comme piloter des hélicoptères, détourner des chars d’assaut, éliminer la vermine qui grouille dans des antres ou encore partir à la recherche de boites noires dans la ville.

New York, New Yooooooork

Outre sa simplicité et sa répétitivité, Prototype 2 tire sa force de son gameplay et du plaisir que l’on peut en tirer. Plaisir qui a de quoi durer une grosse quinzaine d’heures de jeu si l’on s’adonne à toutes les activités que propose la ville. Une ville agréable au regard tant Prototype 2 a fait des progrès par rapport au premier opus. Rien de renversant, loin de là, mais tout ce qu’il faut pour rendre l’expérience de jeu la plus agréable possible à l’œil. Les cinématiques sont somptueuses, les jeux de lumières sont flatteurs, la palette de couleur est chaleureuse, tout est bien modélisé, les rues sont pleines de vie (ou de morts) et l’action reste fluide malgré tout le désordre que l’on peut créer. Hélas, tout n’est pas parfait dans la merveilleuse ville qu’est New York Zero. Premièrement, l’IA générale est assez déplorable comme peuvent le montrer des gardes ou civils qui agissent comme si de rien n’était alors que l’on court sur les murs et qu’on éclate le bitume après une chute de plusieurs dizaines de mètre. Nous sommes aussi souvent embêtés avec le maniement de ce bon vieux James qui manque de précision et de finesse. Ainsi, il peut souvent arriver que l’on monte sur un mur alors que l’on ne voulait pas ou que l’on tourne en rond autour d’un lance-roquette avant de bien se caler dessus pour le prendre. Enfin, le jeu enchaine les scènes incohérentes comme des ennemis qui arrêtent subitement de vous attaquer parce que vous êtes au téléphone. Comme quoi, on est très respectueux d’autrui à New York Zero. De quoi bien se fendre la gueule sur un jeu qui ne se prend pas très au sérieux au final. Et c’est tout ce qu’on lui demande.

Prototype 2 marche sur les traces de son prédécesseur en reprenant la même formule et en y modifiant quelques ingrédients ici et là pour rendre l’expérience plus aboutie. Les nouveautés apportées au jeu ne bouleversent en rien le principe de base et on reste dans un défouloir où l’intérêt réside dans la progression et l’acquisition de nouveaux pouvoirs pour jouer à dieu dans ce joli bac à sable qu’est New York Zero. On peut regretter la pauvreté du scénario, la répétitivité des missions ou l’intelligence artificielle quelque peu bancale. Mais la réalisation du titre, sa fluidité et son gameplay grisant contrebalancent le tout. Prototype 2 n’est peut-être pas un « must have », mais il reste un très bon titre pour s’amuser sans se prendre la tête et charcuter tout ce qui bouge.

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