PlayStation 3

[TEST]Shadows Of The Damned

Attention ! Ce test contient de nombreuses révélations au déroulement du jeu et peut choquer les âmes sensibles quant aux propos tenus et à sa description horrifique soutenue. Vous voila prévenus, si vous souhaitez lire un avis plus classique dans sa forme, veuillez vous diriger vers le paragraphe qui se situera en deuxième partie du test, délimité par une phrase rouge (sang)…

Imaginez une association improbable dans le milieu du cinéma. Un partenariat composé des ténors du genre horrifique, ascendant « goresque », qui fit la joie du grand écran, aspergé d’hémoglobines et d’autres fluides corporels pas toujours très propres, dans les années 80. Songez à une dream-team composée de deux réalisateurs tels que Sam Raimi (Evil Dead) et Georges Roméro (Night Of The Living Dead, Zombie…) ainsi que la participation d’un compositeur musical de talent en la présence de Ennio Morricone (c’est un peu un exemple foireux, mais bon…). La solution à cette équation ferait de ce film un monument du genre aux allures quelque peu originales à la limite de l’ovni. Ajoutez à cela une intrusion de références à d’autres personnalités du milieu, en reprenant les principes de leurs films et vous aurez sans nul doute le film d’horreur ultime jamais produit.

En faisant le parallèle coté vidéo-ludique, le rapprochement avec cet exemple, cité plus haut, parait évident. Suda51 (Killer 7, No More Heroes), Shinji Mikami (Resident Evil) aux commandes, sous la houlette sonore de Akira Yamaoka (Silent Hill), nous annonce un casting propice aux oeuvres de série Z, grand-guignolesques, si chères à ces trois comparses.

La Team au complet…

La comparaison avec le milieu du cinéma n’est pas anodine, puisque Shadows Of The Damned, projet réalisé en commun avec cette équipe, suit un déroulement proche d’un long métrage. Avec une introduction digne d’un film hollywoodien, le titre annonce la couleur en affichant une présentation des différents protagonistes propre aux techniques cinématographiques utilisés pour les salles obscures. Le résultat est rondement bien mené, tant est si bien que l’on a presque envie de commander un seau de popcorns, afin de s’en délecter tout en suivant les péripéties du personnage principal. La volonté des concepteurs est claire : un grand hommage aux films de l’époque, tout en se faisant plaisir et rendre la pareille aux joueurs face à leurs écrans. Cet état d’esprit est plus que louable pour un grand fan comme moi, élevé aux VHS poisseuses trainant dans un côté poussiéreux d’un vidéoclub et aux Mad Movies souillés de restes organiques. Miam !

Garcia Hotspur, chasseur de démons de son état, est sans nul doute le héros favorable à la malchance. Bien que déterminé dans son rôle et relativement « Badass » dans son attitude, le mexicain tatoué vivra tout au long de son aventure les pires situations, à la limite de la torture mentale.  De retour d’une chasse assez fructueuse, notre latino découvrira une vision d’horreur en assistant au meurtre et à l’enlèvement de sa chère et tendre Paula par le maitre des Enfers (rien que ça…), le surpuissant Fleming. C’est sur, voir sa douce pendue, se réanimer et se faire kidnapper par un démon à six yeux, le tout avec une connotation sexuel et trash, a de quoi choquer son esprit. Fortement attachée à cette personne, Garcia n’a d’autres choix que de suivre sa bien-aimée en enfer afin de la délivrer. Pour mener sa tâche à bien, il sera accompagné de Johnson, ancien démon réduit à l’état de crâne, assez bavard, pouvant se transformer en arme et autres objets divers (torches, moto…). Welcome To Hell !

Charismatique en première approche, le personnage de Garcia Hotspur, semble tout droit inspiré de Ash de la série Evil Dead. Bien que nonchalant et craintif dans le premier volet de la série, Ash, incarné à l’écran par Bruce Campbell, de part ses malheurs dans cet enfer (se recevant des hectolitres de sang dans la tronche, les esprits jouant avec son mental, ainsi que le corps décapité de sa petite amie le poursuivant), prend peu à peu confiance en lui jusqu’à flatter son ego en balançant quelques gimmicks sans vergogne à la face des démons (« Groovy« ). On retrouvera un peu de cette personnalité chez Garcia lorsqu’on l’entendra sortir un bon gros « Magnifico » alors que le sieur écartèle un démon sous son propre poids…

Bruce Campbell vante les mérites du masque de beauté sanguin dans Evil Dead (1982)

Les similitudes avec le film de Raimi ne s’arrêtent pas ici puisque certaines scènes reprises de celui-ci y sont incluses. Je pense tout particulièrement à la confrontation au premier boss, où Hotspur découvrira la tête de sa bien-aimée lui pousser un cri de terreur entres ses mains, ou bien encore la poursuite à travers les bois, cherchant à tout prix à le faire rejoindre les hordes de l’enfer par un baiser passionné « Viens avec nous, rejoins-nous « .
L’ultime clin d’oeil à cette oeuvre proviendra d’une scène se déroulant dans une cabane en bois, où se trouvera une créature putride dans la cave et dont le plan de caméra, en vue subjective, image le personnage de Paula en version possédé. Si tout ça n’est pas des références, je ne m’y connais point…

« Maman, je te jure, je recommencerais plus. Laisse moi sortir de la cave. » (Evil Dead-1982)

Des références à d’autres films sont également de la partie. On peut citer: Démons, film réalisé par Lamberto bava et produit par Dario Argento en 1985, pour le design de ces êtres démoniaques ainsi que leurs comportements vivaces.

« J’ai comme un mal de crane… » (Demons-1985)

Bref, les concepteurs ont eu un malin plaisir à reprendre des scènes cultes et à les reproduire dans ce titre. Ce n’est pas déplaisant, loin de là, et les amateurs de gore bien crade et/ou d’ambiance malsaine seront aux anges.
Toutefois, l’humour omniprésent dédramatise un peu la situation. Parfois situé aux dessous de la ceinture (Johnson qui en ayant une érection se transforme en « Big Boner« ), certaines allusions aux films ainsi qu’aux jeux vidéos sont tournées d’une façon ironique qui décrochera, sans nul doute possible, certains sourires. Mention spécial au second boss qui n’aura d’autre dialogue qu’un bon gros « Fuck You » et d’entendre Johnson dire qu’il est socialement inadapté à cause d’un abus de jeux vidéos. J’adore, j’adhère…

Vous pouvez reprendre une lecture normal…

Revenons un peu sur l’aspect technique et sur le système de jeu du titre de Grasshopper Manufacture. Pas forcément bluffant ni moche, Shadows Of the Damned reste dans la moyenne graphiquement. Évidemment, le lieu de notre périple se déroulant en Enfer, la plupart des thèmes des niveaux augureront une couleur terne voir complètement obscure. Car l’obscurité est un élément essentiel dans le déroulement de certains stages, puisqu’il vous sera demandé de chasser les ténèbres en tirant avec un laser de lumière sur une tête de mouton (oui, c’est complètement barré), sous peine de voir sa vie consumée à petit feu.

Votre inventaire se composera de trois armes, toutes « upgradable » par un système d’ajouts d’items symbolisé par des gemmes de couleurs. Les gemmes bleues, obtenues suite à la défaite de certains boss, vous permettront de changer l’aspect esthétique de votre arme ainsi que sa puissance de feu. Les gemmes rouges permettront d’augmenter la capacité de munitions, de la puissance, ainsi que le niveau de votre barre de vie. Et enfin, les gemmes blanches serviront de monnaie d’échange en vue d’acheter des gemmes rouges, munitions et alcool pour régénérer votre vie. Car oui, en enfer, ce qui vous rétablit est l’alcool le plus fort mis à votre disposition !

Les contrôles utilisent tous les boutons de votre manette, de manière astucieuse sans être trop compliqué. Petit bémol à ce sujet, la visée peut sembler assez délicate et être source de frustration dans certains cas.

La musique impose une ambiance sombre et glauque, indispensable à l’univers du jeu et les compositions de Yamaoka révèlent son expérience dans le milieu. On se surprend parfois à trouver des ressemblances vis à vis des thèmes utilisés dans la série des Silent Hill.

Shadows Of The Damed est un jeu très court, seulement 8 heures pour parvenir au but et l’on aurait voulu un prolongement de l’expérience et de l’immersion dans l’horreur pour notre plus grand plaisir, mais il n’en est rien. Cruel déception, lorsque l’on prend un plaisir immense à évoluer dans cet univers chargé de souvenirs pour les cinéphiles du monde horrifique.
Complétement barré et original, tant dans son humour que dans la construction de ses niveaux (quelques passage typés « shoot’em up » qui casse la monotonie du titre), le dernier titre de Suda51 et compagnie est un excellent jeu pour peu que l’on aime le genre. Du à sa faible durée de vie, le titre aurait mérité un Orange chez nous, mais finalement j’opte pour le vert, puisqu’il a sut recréer en moi cette passion avide du cinéma de genre que j’affectionne tout particulièrement.
Si vous êtes dans le même esprit, vous pouvez y aller les yeux fermés…

Test réalisé à partir de la version Xbox 360.
Jeu également disponible sur Playstation 3.

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